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Présentation de l'éditeur
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Biographie de l'auteur
Muriel Barbery est née en 1969. L'élégance du hérisson est son deuxième roman. Le précédent, Une gourmandise, est traduit en douze langues.

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Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l'universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n'être sur la terre qu'en sursis, d'une mort qui, quoi qu'il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu'indifférent à tout après ça ?
Étranger sur la terre, étranger à lui-même, Meursault le bien nommé pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l'oeuvre de Camus. De La Peste à La Chute, mais aussi dans ses pièces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de littérature en 1957 ne cessera de s'interroger sur le sens de l'existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu à rendre mythique ce maître à penser de toute une génération. --Karla Manuele


 


 

 

Biographie de l'auteur
D'origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky, née en 1903 à Kiev, connaît le succès dès son premier roman, David Golder (1929), puis avec Le Bal (1930). Après l'exode, elle se réfugie dans un village du Morvan avant d'être arrêtée par les gendarmes français puis assassinée à Auschwitz pendant l'été 1942. Son dernier roman, Suite française, a obtenu le prix Renaudot en 2004.


 

 

Impressionnant de lucidité
Ce livre est formidable ! On pourrait le trouver banal si on le savait écrit au début de l'an 2000, mais il ne faut jamais oublier que cette oeuvre inachevée a été rédigée en plein coeur de la tourmente dès 1940 ! Quelle lucidité sur l'être humain, quel talent pour décrire les petitesses de certains dans la débâcle mais aussi l'humanité de ceux qui comprirent le drame qui se cachait derrière. C'est une superbe description de la tempête (le titre de la première partie d'ailleurs) puis de la vie d'un village du centre la France à l'heure allemande et des relations pas forcément si manichéennes qui existaient entre occupant et occupé.
Au fil des pages on a presque le sentiment qu'Irène Nemirowsky sait ce qu'il va se passer, d'ailleurs ses notes en annexe montrent bien qu'elle savait ses chances limitées de pouvoir terminer son ouvrage.
Un très beau livre, très facile d'accès. On regrette surtout que des bourreaux, ceux qui assassinèrent Mme Némirowsky en 1942, l'aient empêché de terminer cette magnifique fresque. Ni l'homme ni l'art n'étaient leurs soucis...


 

 

 

                                    

 


Je tenais tout particulièrement, sur ce site, à parler d' l'écrivain roumain Constantin Virgil Gheorghiu.

 

Celui-ci est né le 15 Septembre 1916 en Moldavie, il est mort à Paris en 1992.


Si Constantin Virgil Gheorghiu a écrit plus de quarante romans et récits, il demeure avant tout l'homme d'un livre, universellement connu, la Vingt-Cinquième Heure. C'est au lendemain de la guerre, en 1949, que le jeune poète, né le 15 septembre 1916 à RGzboieni, en Moldavie (Roumanie), publie ce roman qui dénonce la «déshumanisation du monde moderne»

 

Ce roman extrêmement sombre est marqué par un profond désespoir. La menace de la robotisation de la société y est dénoncée tant dans les totalitarismes hitlériens que dans la démocratie simpliste à l'américaine, sans parler du communisme soviétique, qui n'apparaît qu'en arrière-plan. La politique par catégories et idées toutes faites n'est pas une menace passée, aussi ce livre garde-t-il toute son urgente actualité.

Le roman raconte l'épopée de Iohann Moritz, paysan roumain de Moldavie, qui traverse la Seconde Guerre mondiale comme victime inconsciente de la société arrivée à la 25e heure, quand les individus ne sont plus considérés en tant que tels, mais traités comme membres de catégories ; Iohann Moritz est successivement balotté comme un fêtu de paille entre les Juifs, les Roumains, les Hongrois, les Allemands, et les Américains, chacun le considérant comme élément d'une catégorie à laquelle finalement il n'appartient pas, incapable d'exercer sa liberté d'homme en face d'une société déshumanisée.


Un passé trouble
Trois ans après la parution de la Vingt-Cinquième Heure, à l'occasion de la sortie d'un autre livre, la Seconde Chance, un scandale éclate: avant de quitter la Roumanie, Virgil Gheorghiu avait écrit un ouvrage, non traduit en français, qui conspuait «le Juif malfaisant» et faisait l'éloge du soldat hitlérien. Le philosophe Gabriel Marcel, qui avait écrit la préface de la Vingt-Cinquième Heure, exige qu'on la retire des éditions à venir. Gheorghiu quitte la France pour l'Argentine, le temps de se faire oublier.

 

Jamais il ne désavouera clairement ses écrits antisémites. Pourtant, Gheorghiu écrit, dans Mémoires, le Témoin de la Vingt-Cinquième Heure (œuvre parue en 1986), à propos des pogroms commis en Roumanie par les Gardes de fer fascistes: «J'ai honte de moi. Honte parce que je suis roumain, comme les criminels de la Garde de fer.» Le témoin de la Vingt-Cinquième heure, «celle qui arrive trop tard», confesse également, dans ce dernier livre, "c'est mon œuvre capitale, selon laquelle je serai jugé, dans la postérité, par les hommes, et, au Jugement dernier, par Dieu "


Le 23 mai 1963, Virgil Gheorghiu est ordonné prêtre de l'Église orthodoxe roumaine de Paris. En juin 1966, le patriarche de Roumanie accorde au prêtre écrivain la croix de patriarchie roumaine, pour ses activités liturgiques et littéraires.

 

Virgil Gheorghiu a écrit ses derniers livres directement en français.


En 1966, son best-seller est adapté au cinéma par Henri Verneuil.

 

Voici quelques livres de Virgil Gheorghiu :


La 25e heure (1949)
La seconde chance (1952)
L'homme qui voyagea seul (1954)
Le Peuple des Immortels (1955)
Les Sacrifiés du Danube (1957)
Saint Jean Bouche d'Or (1957)
Les Mendiants de miracles (1958)
La Cravache (1960)
Perahim (1961)
La Maison de Petrodava (1961)
La Vie de Mahomet (1963)
Les Immortels D'Agapia (1964)
La jeunesse du Docteur Luther (1965)
De la 25e Heure à l'Heure éternelle (1965)
Le Meurtre de Kyralessa (1966)
La Tunique de Peau (1966)
La Condottiera (1967)

 
 
Page modifiée le Mardi 25 Avril 2007